L’ HISTOIRE DE BOZAS …
Bozas est profondément attaché à son patrimoine, à sa préservation et, lorsque cela est possible, à sa restauration.
Préserver suppose aussi de mieux connaître. Comprendre l’histoire d’un lieu, d’un bâtiment, d’un paysage ou d’un usage permet de porter sur lui un autre regard, de mesurer ce qu’il représente et, souvent, de mieux avoir envie de le transmettre.
C’est dans cet esprit que la commune souhaite aujourd’hui rendre plus accessible l’histoire de Bozas, en faisant une place importante aux travaux de Christian Destezet, historien médiéviste et habitant de Bozas, dont les recherches constituent une ressource précieuse pour le village.
Cette démarche s’inscrit dans une volonté plus large de valorisation du patrimoine communal, à travers notamment les Journées européennes du patrimoine, le parcours patrimonial mis en place dans le village et les actions engagées ou envisagées pour la conservation de certains édifices, parmi lesquels l’église occupe une place particulière.
Faire connaître, comprendre, préserver et transmettre : c’est aussi une manière de faire vivre le patrimoine et d’en partager la responsabilité avec les habitants comme avec les générations futures.
D’où vient le nom de Bozas ? Et pourquoi son orthographe a-t-elle varié
au fil des siècles ? Plusieurs hypothèses permettent de remonter le fil
de cette histoire.
Étymologie
Nous n’avons pas de certitude sur l’origine du toponyme, mais seulement des hypothèses, dont certaines ont déjà été évoquées par des érudits locaux.
Dans le livre « Les châteaux historiques du Vivarais » de Benoit d’Entrevaux (1914), Michel de Chazotte, auteur principal de la notice sur « BOSAS », évoque les « boses », qui seraient le nom donné par les montagnards du Velay aux petits poissons des ruisseaux ; c’est d’ailleurs le nom d’un ruisseau de la commune, affluent de la Sauzine (Chogine en patois), qui a donné son nom au domaine de Boze qu’il traverse.
Charles Forot, dans le chapitre « Bosas » de son livre «Saint-Félicien et ses communes »(1964) écarte cette hypothèse pour lui préférer celle de territoire de « Boson, de la famille du roi de Provence qui posséda longtemps ces terres » .Il se réfère au Boson qui, avec son épouse Magemburge, a donné en 912 à l’église Sainte Marie du Puy (en Velay) le territoire d’Arlebosc. Ce Boson est-il apparenté au roi de Provence du même nom, élu roi à Mantaille (Drôme) en 879 et décédé à Vienne en 887 ? Ce n’est pas impossible, mais les généalogies des « bosonides » publiées sur Internet ne permettent pas de prouver un éventuel lien.
Autres hypothèses : D’après le dictionnaire occitan-français d’Alibert(1966) le mot « bosa » a le sens soit de masse d’eau, soit de bouse… Plus vraisemblable à notre avis serait de faire dériver notre toponyme de « Bo(s) », bois ou lieu boisé dans la zone nord-occitane qui est la nôtre ; le mot vient probablement du latin « boscum », mais le c disparait dans les parlers nord occitans, comme le montrent le dictionnaire Français-Nord Occitan de l’abbé Joannès Dufaud (1998) et le répertoire du « censier de Chomelix » de 1204, en Haute Loire, publié en 1978 par le CNRS.
BOZAS ou BOSAS ?
L’orthographe a varié au cours des siècles. Avant la Révolution, on trouve aussi bien BOUSAS, proche du patois local, que BOSAS (Estimes de 1464) ou BOZAS (1693, élévation de la terre en marquisat pour les Du Bourg, alors seigneurs du lieu). La Révolution adopte BOSAS en 1790, jusqu’en 1985 où le maire M. Claude Deries et sa municipalité décident de revenir à l’orthographe BOZAS. Notons qu’en 1903, l’instituteur public Emile Delarbre avait intitulé sa monographie imprimée (134 pages) « Sur les rives du Doux – BOZAS », ne tenant pas compte de l’orthographe officielle de l’époque.
Christian Foriel-Destezet
Historien médiéviste
Dès le Moyen Âge, Bozas s’inscrit dans une organisation féodale complexe.
Seigneurs, vassaux et mandements structurent alors le territoire et son administration.
Aux premières traces : Boson et Arlebosc
En 912, un grand propriétaire de ce nom a fait don, avec sa femme Magemburge,
de la villa d’Arlebosc, limitrophe de BOZAS, à l’église Sainte Marie d’ ANICIUM
( LE PUY en VELAY).
Le mandement de Bozas
Trois siècles plus tard (1188 , 1242) on retrouve des Boson
( sans lien prouvé avec celui de 912) qui administrent le
« mandement de BOZAS » ( territoire seigneurial) sous la suzeraineté
des PAGAN de MAHUN dont ils sont les » vassaux ».
Élisabeth, dernière de la lignée
La dernière de cette lignée est Elisabeth, dame de BOZAS, mariée à
Jaucerand de LAMASTRE.
Christian Foriel-Destezet
Historien médiéviste
En 1276, Bozas franchit une étape importante de son histoire politique :
la seigneurie se place sous la protection directe du roi de France,
dans un contexte où le pouvoir royal étend progressivement son influence
sur le futur Vivarais.
1276 : Bozas sous la protection du Roi de France
En 1276, la Dame de Bozas Elisabeth et son mari Jaucerand de Lamastre placent Bozas sous la protection du Roi de France Philippe III le Hardi en « prêtant hommage » à l’un de ses baillis du Velay.
C’est l’époque où les officiers du Roi avancent leurs pions pour rattacher les territoires du futur Vivarais au Royaume de France.
La création de la « ville royale » de Boucieu marquera une autre étape plus connue en 1291.
Un pouvoir féodal encore très morcelé
Auparavant, le pouvoir est de nature féodale et très émietté.
Les suzerains des BOZAS sont les PAGAN de MAHUN qui dépendent eux-mêmes des COMTES ou DAUPHINS du VIENNOIS qui font théoriquement partie du Saint Empire Romain Germanique depuis l’an 1032.
Aymon de Pagan, le suzerain d’Elisabeth, a dû donner son accord à contre-coeur pour cet hommage.
Petit seigneur quasiment indépendant, il craint le pouvoir envahissant des officiers du Roi de France.
Il n’a pas tort, car les impôts royaux vont peser sur Bozas à partir du 14ème siècle !
À noter
Dans sa notice historique, Christian Foriel-Destezet précise que cet hommage est rendu
avec l’accord de leur suzerain Aymon de PAGAN, et qu’il intervient
15 ans avant la création de la « ville royale » de Boucieu, proche de Bozas.
Christian Foriel-Destezet
Historien médiéviste
À Bozas, l’histoire religieuse et l’histoire seigneuriale sont étroitement liées.
Le prieuré clunisien, l’ancienne église romane et le château médiéval ont structuré
le village et son paysage pendant plusieurs siècles.
Un prieuré de l’ordre de Cluny
Au religieux, BOZAS était située dans les limites de l’archidiocèse de VIENNE,
qui allait jusqu’au DOUX, mais était le siège d’un petit prieuré de l’ordre de Cluny,
dépendant de celui de Tain ; il était déjà en ruine à la fin du 13ème siècle
et il n’en reste aucun vestige.
Cluny conservera longtemps un pouvoir sur la nomination des curés desservant
la paroisse de BOZAS, puisqu’au 18ème siècle c’est encore l’archevêque de BOURGES,
dont dépend Cluny, qui fait office de « présentateur » des nouveaux curé.
En 1285, le prieur de Bozas s’appelle Pierre de Laroche.
Son nom nous est connu grâce au règlement d’un conflit territorial qu’il a eu
avec les seigneurs Jaucerand et Elisabeth.
L’ancienne église romane
L’église romane clunisienne, en forme de croix latine, a été démolie en 1845.
Aucune représentation n’en a été conservée, preuve de son caractère architectural
jugé modeste à l’époque.
Le premier « castrum » de Bozas
Le « castrum » (château) du 13ème siècle devait aussi être modeste,
limité à une tour carrée et une salle seigneuriale (« aula »)
qui semblent encore bien identifiables aujourd’hui ;
ils devaient être entourés d’une simple palissade
qui n’englobait pas l’église et le prieuré.
Un village progressivement fortifié
Aux 14ème et 15ème siècles, périodes de troubles, le château a été agrandi
et renforcé par d’autres constructions, notamment une « visette »
(tour avec escalier à vis), et surtout une muraille avec plusieurs tours rondes
qui ceignait aussi l’église et le village au nord jusqu’à l’escarpement
qui domine le ruisseau de Sauzine, avec le lieu-dit « Le Fort » au Nord-Est.
Deux tours subsistent à l’ouest et au sud-ouest avec une partie de la muraille
(en face de la mairie), tandis que la tour qui offre un panorama sur la vallée du Rhône
et le massif alpin à l’est est récente (début du 20ème siècle).
Il faut noter que BOZAS est répertoriée au 16ème siècle comme l’une
des 68 villes closes du Vivarais.
Christian Foriel-Destezet
Historien médiéviste
Les « Estimes » de 1464 offrent une photographie exceptionnelle de Bozas
à la fin du Moyen Âge : sa population, son organisation, ses maisons,
ses terres, ses richesses et même le nom de nombreux habitants.
Les « Estimes » de 1464
Les « Estimes » de 1464 sont une grande enquête fiscale faite dans la province du Languedoc pour déterminer l’assiette de l’impôt royal, la taille. L’Ardèche a la chance d’avoir conservé aux A.D. les 72 registres concernant le Vivarais.
« BOSAS » y est qualifiée de « villa » , c’est-à-dire ville close derrière ses murs, l’une des 68 du Vivarais.
Les opérations sont entreprises sous la direction de « noble Jehan Bastard de Joyeuse, châtelain et principal officier du lieu, probablement proche parent du seigneur le vicomte de Joyeuse.
Il est assisté par les trois consuls en exercice (élus ou choisis à l’année par les habitants), précurseurs de notre municipalité moderne.
Le niveau d’administration est plus élevé que la moyenne : plusieurs communautés voisines, bien que plus peuplées, n’ont pas de consul, sinon leur nombre est souvent limité à deux.
Ont été désignés en plus ,comme dans les autres communautés, deux commissaires-jurés, chargés de vérifier et garantir les déclarations des habitants, notamment pour le mobilier et le cheptel.
Environ 200 habitants
« BOSAS » compte 34 habitants taillables, soit avec leur famille 170 personnes (les historiens admettent en général ce multiplicateur de 5).
Il faut y ajouter les prêtres ou religieux, peu nombreux, les nobles, la garnison et le personnel du château. Au total, le chiffre de 200 habitants est plausible.
Ce chiffre est proche de celui d’aujourd’hui, mais inférieur à celui du début du 14ème siècle, avant les pertes causées par la Grande Peste de 1348 et les ravages des « Routiers » de la Guerre de Cent Ans.
C’est une période de creux démographique, après l’hécatombe de la Grande Peste de 1348 et les ravages des « Routiers » de la Guerre de Cent Ans qui n’ont pas épargné le Vivarais.
La démographie va remonter pour culminer 4 siècles plus tard en 1851 (985 habitants), avant la chute des 150 années suivantes due à l’exode rural, et la stabilisation du 21ème siècle autour de 250 habitants, grâce à l’installation de nouveaux habitants.
Les mas et la ville close
Sur les 34, 27 tiennent un mas ayant un nom déterminé , pour 23 d’entre eux c’est aussi leur patronyme.
7 ne déclarent pas de mas, mais une habitation à l’intérieur ou à proximité des murs de la ville ; elle est qualifiée d « hospicium »si elle se distingue par sa dimension ou peut-être certains éléments d’architecture, ou bien de « domus » ( maison) ; la valeur de ces « maisons de ville » est 2 à 4 fois supérieure à celle des maisons de la campagne.
Patrimoine, impôts et condition des habitants
Le patrimoine total est évalué 756 livres, soit 22 livres en moyenne par habitant .
Les 2/3 sont en immeubles (terres, prés, vignes, jardins, maisons), et le1/3 en mobilier et cheptel, non détaillés contrairement à d’autres communautés.
Le plus aisé est Jehan Gaurel, consul, qui exerce la profession de semellier ( artisan chausseur) ; il déclare la plus grande maison à l’intérieur des murs, évaluée 7 livres 10 sols ; il possède aussi des biens à Blachier.
Son patrimoine de 100 livres lui vaut une taille à payer de 20 sols ( 1 livre).
Deux autres habitants ont un patrimoine supérieur à 50 livres : Gérenton de la Prade, consul, qualifié de « laboureur » et André Perdriole, commis-juré, qui possède une petite maison à l’intérieur des murs de la ville, en plus de son mas de Perdriole ; leur taille est de 12 sols 6 deniers.
Les 31 autres habitants doivent 10 sols de taille, alors que leur patrimoine va de 42 à 2 livres, ce qui est assez inégalitaire.
Parmi eux, Ponchon Foard, consul, qui possède 2 maisons à l’intérieur de la ville, mais pas de mas à l’extérieur ; et Guillaume de Sauzet, commis-juré, qui déclare son mas de Sauzet et une maison de bonne valeur à l’intérieur des murs de la ville.
Aucun habitant n’est déclaré « pauvre », alors qu’il y en a dans d’autres communautés.
Tous les habitants doivent un cens annuel au seigneur, en nature et/ou en espèces.
Ce cens et les rentes concédées par ceux qui ont dû s’endetter sont déduits de la valeur globale du patrimoine pour aboutir à une base d’évaluation nette.
La plupart des habitants se disent « taillables et exploitables à la volonté et à la merci du seigneur, ce qui les soumet à son arbitraire ; seuls 7 y échappent en étant soumis seulement dans cinq cas bien précis ( départ en croisade, seigneur armé chevalier, achat de château, mariage d’un enfant, participation au paiement d’une rançon ) .
Bozas n’obtiendra un affranchissement complet de cet arbitraire seigneurial qu’en 1561, date clé pour l’amélioration de la condition juridique et matérielle des habitants.
Un territoire encore largement boisé
Le territoire cultivé par ces habitants ne représente que 10% de la surface totale de la seigneurie ( très proche de celle de la commune actuelle : environ 100 hectares de terres ( mesurés en sétérées), 20 hectares de prés (mesurés en sestives) et 5 hectares de vignes (mesurés en fossoirées) .
Tout le reste est en landes ou bois qui appartiennent au seigneur (Bois-Madame, Malaurier etc…), où le seigneur et les nobles ont le monopole de la chasse.
Au levant, vers l’aval du ruisseau de Sauzine, l’exploitation directe par le personnel du château va jusqu’au Bas-Vivier, réserve de poissons pour le château.
Les habitations des nobles ne sont pas mentionnées.
Outre le château, il y a certainement en 1464 celle dite « Salleton », qui appartenait à la famille de Bosas-Chirols.
Cette demeure, démolie il y a une vingtaine d’années, était bien visible sur les cartes postales du début du 20ème siècle.
Qui habitait Bozas en 1464 ?
Un document conservé aux Archives Départementales nous permet de connaître le nom des habitants de BOZAS en 1464, hormis les nobles et les religieux .
Il est très probable qu’ils soient les ancêtres par les femmes des familles qui étaient présentes à BOZAS avant la fin du 20ème siècle et l’arrivée de nouveaux résidents.
Liste des habitants (lieux de résidence)
André PERDRIOLE ( PERDRIOLE et BOZAS) ; Jehan GAUREL ( BOZAS+BLACHIER) ;
Gérenton de la PRADE ( PRADE) ; François de MALBURRET ( SERT ?) ;
Pierre LOBAT ( LA CHAM) ; Raudet de CUMBE DOMENGIA ( COMBE DIMANCHE) ;
Claude de CUMBE DOMENGIA( idem+ ROSSIGNOL) ; Mathieu de L’OLME
( L’HOME et LA CHAVA) ; Guillaume de SAUZET ( SAUZET+BOZAS) ;
Jehan METGE ( BOZAS) ; Symond de VEYRONS ( VEYRANS).
Guigon de BOSCVIEILH (BEAUVEL) ; Guillaume BOSCHET (BOZAS).
Berth. ESPELHAT ( L’ESPELLIERE) ; Mathieu de VEYRONS ( VEYRAND) ;
Anthoine FAURE ( BOZAS) ; Pierre de MONTMANDON ( MONTMANDON) ;
Gérenton BUFFIERE ( doux CUMBAYS , LA COMBE ?) ; Gérenton GARDON ( GARDON) ;
Jehan PROVENSAL ( PROVENSAL) ;Jehan DAUSO (BOZAS) ;
Laurens VALLETTE ( LA VALLETTE) ; Ponchon FOARD ( BOZAS) ;
Claude PAYENIER ( LA PAYENIERE) ; Claude VINIER ( LES VIGNES ?) ;
Claude CHIRIAT ( LAS CHIRIAS) ;Jehan BRETON ( BRETONS) ;
Pierre MASSAS ( MASSAS) ;Claude VINTENON (BOSAS) ;
André CHAMBEYRION ( CHAMBERIEUX) ; Jehan MARCHAND ( JEHAN LOUT).
Christian Foriel-Destezet
Historien médiéviste
Du XIVe au début du XVIIe siècle, Bozas connaît de profondes transformations.
Les familles seigneuriales se succèdent, les habitants obtiennent de nouveaux droits
et les guerres de Religion bouleversent durablement le château et le village.
Des Saint-Didier aux Joyeuse
Ces grands travaux d’agrandissement et de fortifications ont été rendus possibles
par la puissance et la surface financière des familles qui se sont succédé par mariage
à la tête de la seigneurie de Bozas, les SAINT-DIDIER 1328 -1379), déjà seigneurs
du mandement voisin de Rochefort, et surtout les JOYEUSE (1379-1526), vieille famille
chevaleresque du Bas-Vivarais qui occupait une place éminente dans l’échelle féodale.
Possédant plusieurs châteaux ou résidences, ils ne font que de brefs séjours à Bozas
et y sont représentés en permanence par un « châtelain » qui administre la seigneurie
et commande la garnison.
1561 : les habitants limitent l’arbitraire seigneurial
En 1561, les habitants de Bozas obtiennent des instances judiciaires
(Cour royale de Boucieu et Souveraine Cour du Parlement de Toulouse)
une limitation de l’arbitraire du pouvoir du seigneur en réduisant la
« taillabilité à merci » à cinq cas de droit bien précis ;
c’est l’une des dernières communautés du Vivarais à obtenir une telle charte.
Une seigneurie qui change de mains
Les MONTMORIN SAINT HEREM, famille puissante d’Auvergne,
ont succédé aux Joyeuse.
Vers 1565, BOZAS est vendue pour la première fois de son histoire connue
par Gaspard de Montmorin à Antoine AUDEYER, dauphinois qui aurait été
l’un des hommes d’affaires de la fameuse Diane de Poitiers .
Il n’en profite pas longtemps.
Bozas dans les guerres de Religion
En effet, BOZAS est occupé vers 1572 par les troupes protestantes
des capitaines SAINT-ROMAIN ( ancien archevêque passé à la Réforme)
et CLAVEL , qui mettent à sac le pays.
En 1577, le château est repris par le chef catholique DU PELOUX ,
qui a demandé l’aide de MANDELOT, gouverneur de Lyon, et sollicité aussi
les consuls de Tournon qui lui ont envoyé 216 hommes et des munitions
de guerre et de bouche.
Il est très probable que tout l’appareil défensif du château
(murailles et tours ) ait été démantelé définitivement à l’occasion de ce siège.
Après les troubles
Après le décès du capitaine protestant Saint-Romain, sa veuve Claude de FAY ,
dame de Saint-Romain, est devenue propriétaire de BOZAS en 1579
avant de se remarier la même année avec un gentilhomme forézien,
Antoine de Bron de la Liègue .
Leurs héritiers revendent en 1615 pour 40.600 livres les seigneuries
de Bozas et Rochefort( dont le territoire s’étend sur Saint-Félicien
et Empurany) à un consortium de trois personnes, dont messire Claude de ROMANET
qui va garder l’essentiel.
Christian Foriel-Destezet
Historien médiéviste
À partir du XVIIe siècle, la seigneurie de Bozas change plusieurs fois de mains
avant d’être érigée en marquisat. La Révolution puis le XIXe siècle ouvrent
ensuite une nouvelle période, marquée par la transformation des anciennes
structures seigneuriales et par l’évolution du château.
De Romanet aux Du Bourg
En 1615, les seigneuries de Bozas et Rochefort sont vendues à un consortium
de trois personnes, dont messire Claude de ROMANET, qui va garder
l’essentiel des seigneuries de Bozas et de Rochefort.
Sa fille Anne porte BOZAS à son mari Charles d’ESPINCHAL,
seigneur de TAGENAC en Auvergne.
Par mariage, BOZAS passe ensuite aux GINESTOUX (1645),
puis aux DU BOURG (1673).
1693 : Bozas devient un marquisat
Pour lesquels la seigneurie de BOZAS fut érigée en marquisat en 1693
par le roi LOUIS XIV, suite à la brillante carrière d’ Emmanuel du BOURG
de BOZAS, maréchal de camp et commandant pour le Roi en Languedoc,
décédé à Montpellier en 1694.
Des Du Bourg à la Révolution
Au début du 18ème siècle, les DU BOURG DE BOZAS deviennent par mariage
seigneurs de SAINT- POLGUE en FOREZ où ils vont avoir leur principale résidence.
Le marquis de BOZAS, alors très âgé, est l’une des victimes de la Terreur
à Feurs en 1793.
Ses héritiers conservent néanmoins le château et leurs terres de BOZAS
jusqu’en 1840.
Le château au XIXe siècle
Il est alors acheté par le Docteur FORIEL-LACONDAMINE,maire de la commune
et propriétaire du domaine de PROVENSAL, descendant par les femmes
des Joyeuse et des premiers seigneurs de Bozas.
Après son décès en 1841, c’est une nièce Madame BONNET des CLAUSTRES,
puis sa fille Madame DUMAINE qui héritent du château de Bozas,
dont une partie est conservée dans l’indivision par certains de leurs descendants.
Les transformations du château
La partie la plus récente du château, grand bâtiment rectangulaire avec sa terrasse orientée
au levant a peut-être été commencée au 18ème siècle par les DU BOURG
et aménagée à la fin du 19ème siècle par les DUMAINE.
Christian Foriel-Destezet
Historien médiéviste
